mardi 4 juin 2013

"On peut tout mettre dans les boîtes (...) On peut y mettre aussi des gens et même les gens bien vivants et intelligents" (Boris Vian).

La phrase de titre est extraite d'un texte intitulé "Cantate des boîtes", que je vous invite à lire, ou à écouter, Antoine de Caunes l'ayant enregistrée pour un album hommage à Vian, à l'occasion du 50ème anniversaire de sa mort. Et des boîtes, réelles ou virtuelles, il y en a plein, dans notre livre du jour, vous allez voir ! Un livre au combien attendu, puisqu'il marque le retour d'un duo d'écrivains auprès de l'éditeur qui les a lancés. Le duo, c'est Nathalie Hug et Jérôme Camut et les revoilà donc aux éditions Télémaque, là où ils avaient publié, et avec quel succès, leur tétralogie, "les voies de l'ombre", construite autour du formidable personnage de Kurtz. Leur nouveau roman, premier volet annoncé d'une série, est sensiblement différent, mais on y retrouve certaines thématiques chère aux Camhug, comme on les surnomme. On y voit aussi un e sévère critique de la société française actuelle. Alors, découvrons donc ce premier tome de "W3", sous-titré "le sourire des pendus".


Couverture W3, tome 1 : Le sourire des pendus


Lara Mendes est ambitieuse. Elle rêve de devenir grand reporter pour un des news magazines français les plus en vue, Century, comme son amant, Bruno Dessay, un baroudeur aguerri plus âgé qu'elle. Mais, et elle en a parfaitement conscience, avant d'en arriver là, le chemin sera long. Pour faire son nid dans le monde médiatique, elle travaille comme chroniqueuse mondaine dans une émission de télévision hebdomadaire, produite par son ami Arnault de Battz, aussi riche qu'excentrique.

Elle couvre les soirées les plus "hype", les plus originales, les plus inaccessibles au commun des mortels que nous sommes, les soirées du tout Paris qui chante et qui pétille, des soirées plus proches des orgies romains que du bal des débutantes... Une débauche qui lui a donné une idée : elle profite de ses entrées dans ces mondes élitistes pour, clandestinement, accumuler des éléments d'infirmation qui lui permettront d'écrire pour Century, un reportage qui fera date.

Et pour cause, le thème de cette enquête est sulfureux : "l'évolution des tendances sexuelles des Parisiens et leurs dérives des vingt dernières années". Du croustillant, Coco, de l'émoustillant, du racoleur qui multiplie les ventes comme d'autres, les pains ! Mais, en fouinant, Lara a cru déceler un autre sujet bien plus sérieux, bien plus explosif et qui pourrait lui assurer une carrière plus fulgurantes encore que les histoires salaces qu'on lui a demandées d'étudier.

Cette affaire, c'est un fait divers sordide et jamais élucidé : l'affaire Moreau, du nom d'un avocat, genre ténor du barreau, retrouvé pendu au balcon de son appartement après avoir été éventré, une dizaine d'années plus tôt... Le même soir, la femme de l'avocat a été égorgée et ses deux filles, encore enfants, ont disparu sans laisser de trace...

Le sujet est sensible, on ne l'aborde pas directement avec n'importe qui. Lara le fait avec un des rois des nuits parisiennes, Herman Stalker, qui, d'abord, malgré une évidente réticence, lui donne une ou deux réponses puis se referme et l'éconduit... Manifestement, Stalker, ancien client de Moreau, n'a pas très envie d'évoquer le sujet alors qu'il paraît en savoir plus long que bien des personnes, à commencer par les flics chargés de l'enquête...

Mais, le soir même de cette rencontre avec Stalker, Lara Mendes est enlevée sur une aire d'autoroute, alors qu'elle allait rejoindre Bruno Dessay... Hasard ou coïncidence ? La question n'a pas franchement l'air de se poser, tant cette disparition ne paraît affoler personne. il n'y a guère qu'Arnault de Battz qui se pose des questions, et surtout Valentin, le frère de Lara, tout juste 17 ans, le physique du rugbyman qu'il est et un caractère bien trempé...

Sookie Castel est flic, en Bretagne. Un soir, au retour d'une intervention, sa voiture renverse un chien... Rien de bien extraordinaire, mais Sookie, en plus d'être une flic énergique et intuitive, quoi qu'un poil trop franc tireur (surtout au goût de ses supérieurs, qui ne voient pas toujours ses prises d'initiative d'un très bon oeil), tiens à ramener l'animal à ses propriétaires légitimes.

Une décision aux conséquences inattendues, pour le moins. Car, lorsque Sookie arrive chez les dits propriétaires, dans leur maison nommée "la Malhornière" (tiens, ça me rappelle quelque chose...), elle les trouve pendus dans leur maison, les parents et le fils... Thèse officielle : drame familial, l'un des membres a tué les autres, les a pendus avant de se pendre aussi... Une thèse à laquelle Sookie n'adhère pas, mais alors pas du tout... Pour elle, c'est évident, c'est un triple meurtre, reste à comprendre pourquoi et à se lancer à la poursuite d'un assassin...

Elle entreprend donc une enquête officieuse, au cours desquels elle met au jour des éléments troublants, qui laissent à penser que les trois pendus ne sont peut-être que la partie émergée d'un terrible iceberg... Et si un tueur en série sévissait dans le secteur ? Un tueur prolifique, comme semblent l'indiquer les preuves découvertes par Sookies, preuves découvertes hors procédure, donc inutilisables en cas de procès...

Une enquête parallèle qui lui vaut de nouvelles foudres de ses supérieurs. Avec un dossier déjà chargé, la voilà mise à pied. Pour essayer de digérer ce coup dur, elle décide de repartir dans les Vosges, passer un peu de temps avec son père adoptif, Lucien Castel. Mais, là encore, rien ne se passe comme prévu, Sookie craque et se retrouve internée...

Lucien Castel a beau en avoir vu des vertes et des pas mûres dans sa vie, le soudain burn-out de sa fille l'intrigue... Il décide de se lancer à son tour dans l'enquête, avec, en tête, l'idée d'enfin faire accepter aux policiers et aux juges que, derrière les 3 pendaisons, se joue peut-être la vie de personnes disparues, en particulier une adolescente, dont le probable enlèvement avait défrayé la chronique...

La tâche s'annonce délicate, d'autant que Lucien Castel a une petite notoriété d'activiste qui n'en fait pas le meilleur ami des flics et des juges... Il est en effet la cheville ouvrière de "la guilde des emmerdeurs" et anime un blog dans lequel il dénonce un certain nombre d'injustices, de dysfonctionnements de la justice et d'incohérences dans les lois françaises... Bref, il se fait le défenseur des victimes, quitte à lui-même enfreindre les lois. Oh, pas méchamment, mais de façon spectaculaire et capable de faire du buzz...

Pendant que Valentin et Arnault se démènent pour retrouver Lara, Lucien Castel, lui, travaille d'arrache-pied pour restaurer l'honneur et la crédibilité de sa fille (et peut-être sauver de possibles personnes disparues). Leurs chemins vont se croiser, leurs recherches s'entremêler, avec des résultats, parfois abominables, parfois encourageants... En dehors des sentiers battus et des procédures officielles, là où les flics et les magistrats ont baissé les bras ou sont surchargés de travail.

Et, si l'on doit trouver un lien entre toutes ces histoires, il faut donner un nom : Ilya Kalinine...

Je m'arrête là, je n'en dis pas plus... Bizarre impression d'en avoir dit beaucoup et pourtant d'avoir à peine effleuré les 750 pages de "W3"... Il faut dire que c'est un roman foisonnant, une riche galerie de portraits de personnages ordinaires confrontés à des situations terribles, où des vies sont en jeu, qui se découvrent un courage et une détermination sans faille, qui se mettent en danger autant qu'ils se révèlent à eux-mêmes... Car tous ceux que j'ai évoqués plus haut vont déranger et on va leur faire savoir durement, violemment... On est quand même dans un thriller, aux ressorts principalement psychologiques, c'est vrai, mais la tension est là, et bien là, d'un bout à l'autre.

Si, comme moi, vous avez été mordus des "aventures" de Kurtz, je pense que vous serez à la fois ravis et surpris part "W3". Si je n'ai rien dit du titre, c'est parce qu'on le comprend dans la dernière partie du roman, qu'il est délicat de l'expliciter pour ne pas trop en dire sur l'intrigue, et que ce sera le coeur, j'imagine, de la suite de cette série. Et je dois avouer que c'est prometteur... et assez désarçonnant, voire dérangeant...

"W3" est un roman très critique sur les dérives de la société française, en s'appuyant sur un attelage terriblement efficace : sexe / justice / médias. Trois domaines qui partent en vrille, pour rester poli, dans notre joli pays. Attention, il ne s'agit pas d'un moralisme empreint de pruderie, mais de vrais constats assez effarants.

Car, quand on juxtapose les images tournées par Lara Mendes et l'horreur des actes accomplis au cours du livre, on ne peut que se demander comment une société peu ainsi se dépraver dans une espèce d'impunité sidérante... On est bien loin de nos fameux ballets bleus ou roses, là, on atteint le summum du dégueulasse... Et, dans le même temps, l'intolérance absolue dès qu'il s'agit de différence : lorsqu'on veut faire pression sur un des personnages, une star, et, à travers lui, sur Valentin et Arnault, on révèle au public son homosexualité...

La justice, elle, fait ce qu'elle peut, et elle peut peu. Elle doit surtout composer avec des lois dont on se demande comment elles ont pu être votées, tant leurs conséquences sont absurdes... Pour en juger, le cheval de bataille de Lucien Castel, l'histoire d'un jeune homme dont le beau-père a tué la mère mais qui jouit de l'usufruit de la maison de celle-ci et interdit au jeune homme d'y revenir, même pour simplement y prendre des souvenirs lui rappelant sa mère...

A travers Castel, mais aussi Valentin, par exemple, on voit une justice qui, par moments, marche sur la tête, à d'autres, se montre terriblement impuissante. Mais, le résultat est le même : quel cas notre justice fait-elle des victimes et de leurs familles ? Un sujet de société chaud, souvent, trop souvent récupéré par des politiques qui veulent faire repartir leur cote de popularité à la hausse... D'où la difficulté à le traiter, sans tomber dans des extrêmes à la Charles Bronson, incarnation au cinéma de l'homme abîmé qui revient se faire justice... ou se venger.

Je fais volontairement la distinction, car, là encore, on peut se poser la question en lisant "W3". Il ne fait aucun doute que Valentin comme Castel n'ont aucune mauvaise intention quand ils agissent. Valentin veut avant tout retrouver sa soeur, peut lui chaut procédures, lois, l'image qu'il renvoie, les dangers auxquels il s'expose, il veut juste savoir ce qu'est devenue Lara. Castel, lui, recherche la justice pour les anonymes victimes de faits terribles, qui ont ou vont détruire leurs existences et qu'on laisse dans l'attente ou dans le deuil, parce qu'il n'y a pas plus abstrait qu'un nom dans un dossier qu'on n'arrive pas à résoudre...

Mais, "W3" pose également la question de la justice par tous les moyens disponibles. Y compris la violence, et une violence extrême. Et si ces pendus, au sourire si doux, avaient en fait été frappés par le glaive de la justice, tenus non pas par ceux habituellement chargés de la rendre, mais par quelqu'un (quelques uns ?) non habilité sur un plan légal et simplement épris d'une justice qui parle à tous les coupables, une justice qui fait des exemples... La justice, comme la guerre, continuation de la politique par d'autres moyens, pour paraphraser Clausewitz.

Oui, c'est dans une véritable guerre que Lara, Sookie, Valentin, Arnault, Lucien et leurs proches, leurs amis, se retrouvent embarqués, d'abord sans en avoir conscience, puis, acceptant l'idée de devenir des soldats, des bras armés de la justice... Il y a encore beaucoup à découvrir sur ce choix, sur le contexte de ce nouveau combat et sur sa philosophie, sur le fil du rasoir, que vont devoir accepter ces personnes ordinaires alors qu'elles pourraient se voir dicter par une entité extraordinaire, des préceptes qu'on peut juger intolérables... Je ne suis sans doute pas d'une clarté folle pour ceux qui n'ont pas lu le roman, c'est un peu fait exprès, je dois le dire, mais j'espère que ceux qui ont déjà lu "W3" comprendront de quoi je parle.

Il reste un troisième élément à cette critique : les médias. Plus préoccupés d'audience ou de ventes que d'informations, les médias traditionnels, audiovisuel, presse écrite, sont sur la sellette. Et méchamment, en plus. Leur quête de sensationnalisme, ces chaînes d'informations continue qui ne sont que des robinets d'eau tiède ne débitant qu'un minimum d'informations, au final. Curieux paradoxe de cette société de l'information qui n'en fait plus vraiment...

A côté de cela, internet et son développement exponentiel, à tous points de vue. Une toile sur laquelle on trouve le pire et le meilleur, l'expression des plus abjectes perversions comme les idées les plus nobles. Si la vérité et la justice se cachent quelque part, quand on les a abandonnées partout ailleurs, c'est peut-être bien là. Un outil incroyable, une façon de supprimer tous les intermédiaires entre gens de bonne volonté et de communiquer directement les uns avec les autres. Mais c'est aussi le média capable de répandre la rumeur plus vite que ne le fait une traînée de poudre, de faire et défaire les réputations, d'abîmer durablement des images jusque-là immaculées.

Déterminés, pour différentes raisons, idéalistes, aussi, Valentin et Castel, et les autres personnages derrière eux, pèchent par naïveté. Ils n'ont pour eux que leur volonté et la conscience d'agir pour le meilleur. Mais est-ce un arsenal suffisant pour se frotter à un monde de puissants sans pitié, ni scrupule ? Comment contrarier ces monstres qui agissent impunément en respectant des règles du jeu que l'adversaire foule allègrement au pied ? Sans doute vont-ils devoir faire des concessions à leurs idéaux et se salir les mains pour obtenir des résultats probants... Premières réponses, sans doute, dans le prochain tome, dont j'attends beaucoup...

Et puis, parce que je vois les lignes s'accumuler, je vais finir en explicitant le titre de ce billet et cette histoire de boîtes. Elles sont partout, jusque dans la tête d'une des personnages principales du roman... Explication : Sookie, dès les premières pages où on la découvre, avant même son internement, semble souffrir de certains problèmes d'ordre psychologique : chaque personne qu'elle rencontre, chaque événement notable sont soigneusement classés... dans des boîtes mentales, qu'elle ouvre et referme à l'envi.

Ce trouble obsessionnel se double d'autres aspects plus visibles : maniaque de l'ordre et du rangement, agencement par couleurs de ses affaires, mais pas toutes les couleurs, car certaines semblent bannies de sa vie... Mais, Sookie elle-même a subi ce genre de choses toute sa vie : enfant de couleur adoptée dans la montagne vosgienne, elle n'a manifestement jamais été accepté hors de son cercle familial...

On l'a enfermée dans une case, "l'Africaine", "la Négresse", comme dans une boîte et, lorsqu'elle revient dans cette région et qu'elle explose sous la pression de différents événements, où l'enferme-t-on ? Dans une chambre d'hôpital psychiatrique qui n'est rien d'autre qu'une énième boîte dont on refuse de la laisser sortir... Isoler pour empêcher de nuire, quand on a subi les attaques des autres toute sa vie... De quoi devenir violente, non ?

Court clin d'oeil, cette partie vosgienne du roman m'a rappelé les ambiances des romans noirs signés Pierre Pelot. L'atmosphère lourde et pesante d'un village où tous se connaissent et se détestent, la bêtise, la noirceur, l'ignorance qui y règnent, parce que ce coin est à l'écart des mouvements du monde, la présence de la folie et de la débilité (même si les plus débiles ne sont pas forcément ceux que l'on croit...). Oui, il y a du Pelot dans tout ça...

Revenons à nos boîtes, et à Lara. Son histoire commence dans un bâtiment en ruines dont il ne reste que les murs, parois de boîtes vides, transformé pour un soir... en boîte de nuit. Puis, enlevée, la voilà recluse dans un boîte dont elle découvre peu à peu le périmètre, survivant grâce à des boîtes de conserve qu'elle trouve là, lorsqu'elle se rend compte qu'elle a été abandonnée à son sort...

Enfin, parce que je pense que vous avez saisi le principe et mon obsession quasi sookienne pour les boîtes, il y a les télés, les caméras, les appareils photos, les ordinateurs, autant de boîtes magiques, de boîtes à images à la fois si utiles et si dangereuses... Je pourrais poursuivre longtemps l'énumération de ces boîtes, comme Vian dans sa cantate, en y ajoutant celles où nous nous laissons tous enfermer, malgré nous ou avec notre consentement...

A travers cela, j'ai retrouvé une des thématiques les plus fortes de la tétralogie des "Voies de l'ombre" : la réclusion. Réclusion physique mais aussi mentale et l'interaction de l'une sur l'autre, à travers le parcours parallèle de Lara et Sookie qui, enfermées, prisonnières, doivent résister pour ne pas sombrer irrémédiablement dans la folie... Une folie sournoise, lancinante, qui habitait déjà Kurtz, mais qui gagnait un certain nombre d'autres personnages de la tétralogie...

Mais, les personnages, ici, même Sookie qui essaye avant tout de remettre de l'ordre dans son esprit, de ranger ses boîtes dans des boîtes pour les garder fermées, tous essayent finalement de se libérer de leurs propres boîtes, réelles ou virtuelles, de briser ces carcans intégraux où la société a été enfermée, soigneusement entourée d'ouate pour ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.

Oui, l'objectif de Valentin et Lucien, par amour pour Lara et Sookie, c'est de faire voler en éclat toutes ces boîtes pour libérer la parole et l'écoute, pour mettre au jour ce qu'on cache, ce qui n'est ni visible, ni dicible, mais que le plus grand nombre se doit d'enfin voir, d'enfin connaître, d'enfin communiquer à ses congénères pour que ces abus cessent, pour que justice soit enfin rendue...

Toutefois, ils vont devoir se méfier, car, parmi toutes les boîtes auxquelles ils s'attaquent, se cache la plus célèbre des boîtes, la plus dangereuses des boîtes, celle qui abrite les pires menacent pouvant se déverser sur le monde. Oui, vous l'avez sans doute reconnue, la boîte de Pandore... En ne laissant pas dans l'ombre ce qui a été longtemps passé sous silence, en voulant révéler au yeux de tous les turpitudes d'un petit nombre (enfin, espérons-le...), ils risquent bien de devoir s'occuper des actes et des conséquences des pires instincts humains...

Et, pendant qu'il assiste à cela, le lecteur se demande si la Pandore d'aujourd'hui n'aurait pas pour nom... W3...

Qui saura refermer cette boîte-là ? Y arrivera-t-on assez tôt, ou l'espérance y sera-t-elle enfermée pour longtemps ?

Et quel rôle exact jouera dans tout cela Ilya Kalinine ?


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