mercredi 17 juillet 2013

« Je suis ce que je suis : je suis devenu ce que j’ai tant cherché à fuir. Un monstre ».

Voici un auteur qui a défrayé la chronique à plusieurs reprises ces derniers mois… Appartenance à la scientologie, utilisations de faux comptes pour glorifier ses romans et descendre ceux de ses petits camarades sur une grande plate-forme de vente en ligne… Bref, pas vraiment une bonne publicité. Pourtant, quel talent, ce Roger Jon Ellory ! Alors, j’ai décidé si ce n’est de passer l’éponge, au moins de continuer à lire ses livres, en gardant ces quelques « faux pas » de côté… J’ai emporté pour ces vacances un pavé de 730 pages dévoré en moins de 3 jours, une intrigue implacable, un roman noir qui brouille les pistes comme j’en ai rarement vu et des questions qui attendent leurs réponses jusqu’aux dernières pages… Ajoutez un soupçon de scandale d’Etat, et voici « les Anonymes » (disponible au Livre de Poche), un roman qui a la couleur du thriller de serial killer, qui a le goût du thriller de serial killer mais qui n’est pas un roman de serial killer… Tiens, je boirais bien un coup, moi…




Drôle de 11 novembre pour l’inspecteur Robert Miller et son coéquipier Al Roth, membres de la police de Washington. Ils ont été appelés sur les lieux d’un homicide. Une femme, une certaine Catherine Sheridan, a été retrouvée morte dans son appartement, sauvagement battue et étranglée. Elle a un ruban noué autour du coup, auquel est attaché une étiquette, comme celle qu’on attache aux cadavres des morgues pour inscrire leur identité. Et il flotte une forte odeur de lavande dans la pièce…

Autant d’indices qui ont de quoi troubler les deux policiers. Catherine Sheridan est en effet la quatrième femme retrouvée dans ces circonstances dans la ville en quelques mois. Pourtant, bien que l’hypothèse d’un tueur en série sévissant dans la capitale fédérale a déjà été évoquée, l’enquête menée jusque-là n’a rien donné, en partie parce que les affaires n’ont pas été regroupées.

Mais, c’est le deuxième meurtre dans le secteur de Miller et Roth et ils entendent bien tout faire pour arrêter le tueur avant que la liste de ses victimes ne s’allonge encore. Mais, comme avec les victimes précédentes, les pistes envisagées tournent vite court. Aucun lien entre elles, des vies solitaires, pas de familles, peu d’amis, rien qui dépasse…

La première piste va venir du témoignage d’une autre femme, Natasha. Lorsqu’elle a vu la photo de Catherine Sheridan à la télé, elle l’a reconnue, comme sa fille peu après, à la une d’un journal. Natasha, mère célibataire, était en couple avec Darryl, un junky abattu 5 ans plus tôt lors d’une descente de police. C’est peu avant ce drame que Sheridan, accompagnée d’un homme, était venue voir Darryl alors qu’il était absent…

Enfin une piste ayant l’air solide, sérieuse, pour les flics ! Mais Natasha est assassinée dans les heures qui suivent, selon le même mode opératoire, à quelques détails troublants près… Nouvelle impasse, qui va en amener d’autres quand, presque par hasard, les enquêteurs découvrent que Catherine Sheridan… ne s’appelait sans doute pas Catherine Sheridan…

Une fausse identité, une vie sans lien apparent avec quiconque… Seuls indices qui sonnent comme les éléments d’un rébus ou d’une chasse au trésor, trois photos sur lesquelles apparaissent Catherine Sheridan et un homme inconnu, sans doute celui qui l’accompagnait chez Natasha, et un article qui semble évoquer des événements se déroulant en Amérique Centrale. Des pistes curieusement laissées derrière lui par son assassin.

Robert Miller, désormais chargé de l’enquête, essaye de rassembler tous les moyens disponibles pour enfin donner de la cohérence à une enquête qui en manque terriblement. A chaque nouvel élément qui semble apparaître, les policiers croient avancer… avant de se retrouver face à des murs… Aucune piste viable, aucun lien avec rien ni personne, et un tueur qui semble insaisissable, aussi fantomatique que ses victimes sans existence.

Mais, c’est justement ce mystère incroyable qui semble entourer une « banale » affaire de meurtres en série qui intrigue Miller, commence à l’obséder et le pousse à se jeter corps et âme dans son enquête. Et tant pis s’il est « usé jusqu’à la trame », comme il se décrit lui-même. Crevé, au bout du rouleau… Et tout juste sorti d’une sale histoire qui lui a valu les foudres des affaires internes et les honneurs de la presse… C’est dire qu’il n’a pas beaucoup le droit à l’erreur…

Et puis, il y a John Robey…

Robey (prononcez « Robi ») intervient à intervalles réguliers non pas dans l’histoire, en tout cas pas tout de suite, mais entre deux chapitres, comme des intermèdes. La mise en page de ces chapitres n’est pas la même que ceux mettant en scène Miller et Roth, l’italique est de mise et c’est comme ce Robey s’adressait directement au lecteur pour lui raconter sa vie.

Enfin, c’est d’abord de sa jeunesse qu’il parle, sa vie auprès de ses parents jusqu’à leur disparition singulière, mais, peu à peu, on part sur autre chose, sa jeunesse, sa période comme étudiant, les rencontres qu’il fait à cette époque et la façon dont ces rencontres vont le forger, orienter son existence et faire de lui le John Robey qui nous parle…

Eh non, je n’entrerai pas dans les détails de ce monologue, car, vous l’aurez compris, ce John Robey et sa vie pas ordinaire vont être au cœur du roman, plus seulement comme intervenant extérieur mais bientôt comme intervenant principal du roman. Ce qui concerne Robey repose essentiellement sur ce qu’il raconte, bien sûr, mais aussi sur son présent et son lien avec Catherine Sheridan, l’unique lien réel avec une des victimes.

Mais, surtout, c’est sa relation étrange avec Robert Miller, et réciproquement, qui va sous-tendre toute la seconde partie du roman, une fois que Robey est « entré en scène » comme personnage physique et plus seulement comme narrateur extérieur, sans rapport avec tout le reste. Si cette relation est si importante, c’est parce que le flic ne sait absolument pas sur quel pied danser avec cet homme qui lui ment comme un arracheur de dents et semble dans le même temps parfaitement prêt à coopérer avec lui, tout du moins à lui parler…

Et quand Robey parle, on n’est bien placé pour le savoir, il sait se montrer fort disert. Il va l’être aussi avec Miller, devenant un interlocuteur particulier du flic, de plus en plus fatigué, mais qui ne veut pas s’arrêter avant d’avoir compris ce qui se passe vraiment à Washington. Et c’est toujours aussi ardu, car Robey ne répond pas aux questions, Robey raconte ce qu’il a envie de raconter, sème derrière lui les mauvaises pistes comme les indices, qu’il laisse le soin aux policiers de comprendre, interpréter et relier entre eux…

Est-il l’assassin ? Comme Miller, Roth, leurs supérieurs et leurs collègues, on se pose évidemment la question. Mais l’homme est doué et n’offre aux policiers qui ont su retrouver sa trace que le strict minimum, largement insuffisant pour espérer lui mettre la main au collet. En fait, Robey joue, avec panache autant que cynisme. Mais à quel jeu ? Quel est son rôle véritable dans cette affaire ? Quel objectif poursuit-il ?

C’est tout l’enjeu du roman de R.J. Ellory. Retrouver puis assembler les pièces d’un puzzle complexe et effarant, dont personne, à part Robey, ne sait à quoi il doit ressembler au final. Une véritable lutte contre des moulins à vent, car, derrière celui que la presse a surnommé « le tueur au ruban », se cache quelque chose de bien plus gros, de bien plus important… Un véritable monstre…

Oh, le mot n’est pas à prendre au sens traditionnel du terme. Non, il faut y voir une espèce de métaphore, l’ensemble des conséquences des actes commis par un certains nombres de personnes à un moment donné. Parfois avec de bonnes intentions, parfois dans des buts bien moins reluisants… « Pourquoi est-ce que, chaque fois que vous voulez bien faire, une belle âme vient tout foutre en l’air ? », se demande Robey dans l’un de ses monologues…

Oui, je vois que vous commencez à me considérer comme le John Robey de ce blog… Je parle, je parle, mais par énigmes, un vrai sphinx ! C’est vrai, mais si je vous révèle tout ici, vous hurlerez avec ce cri de guerre de l’ère numérique : « Spoiler ! Spoiler ! ». Franchement, ça a moins de gueule que « Montjoie, Saint-Denis ! », mais bon…

Alors, il vous faudra vous contentez de mes paroles qui essayent d’expliquer les choses sans tout dévoiler… Voilà, disons-le clairement, « Les Anonymes » (« A simple act of violence », en VO, les derniers mots du roman) est un livre éminemment politique et qui repose sur un pan terrible et souvent oublié de l’histoire contemporaine américaine.

Mais c’est aussi un roman sur la culpabilité, celle des hommes et des femmes qui un jour, découvrent que l’idéal dans lequel ils ont été élevés a été dévoyé par ceux-là mêmes qui sont censés le défendre. Les mêmes qui leur ont fait miroiter cet idéal et leur ont appris comment le défendre, comment le faire passer avant tout le reste. Lui sacrifier leur vie, mais aussi leur morale et leur innocence.

Le réveil est dur, violent, pour ces hommes et ces femmes d’honneur qui découvrent que tout ce qu’on leur a fait faire, tout ce pour quoi on les a conditionnés, va à l’encontre même de cette notion d’honneur si importante. Ils ont servi, avec la plus grande sincérité possible, avec une conviction qui les a poussés à commettre parfois le pire, et, en retour, ils se sont sentis bafoués. Non, bafoués est un terme inadéquat. Trahis serait plus juste. Une haute trahison, même…

Alors, ces hommes et ces femmes ont choisi une certaine forme de révolte. Là encore, avec les armes qu’ils avaient à disposition, celles qu’on leur avait fournies, mais toujours dans le secret. Or, ce dont ils ont le plus besoin dans leur quête de réhabilitation, pour pouvoir à nouveau se regarder dans une glace, se considérer comme humains, c’est d’abattre ce secret, révéler à tous le monstre qu’ils ont contribué à créer pour qu’il soit terrassé…

Mais, une telle quête ne va pas sans risque et, lorsque l’on réveille un monstre, il faut s’attendre à ce qu’il se défende…

Tout cela, c’est ce qu’on apprend au fur et à mesure du roman. Dans un cadre précis. En sachant pertinemment que des monstres de ce genre, il y en a plein d’autres. A toutes les époques, conçus à travers la planète… A chaque fois dans des buts bien précis et avec des méthodes qui font passer la raison d’Etat pour quelque chose de complètement anecdotique.

Oui, ce qui débute comme une énième histoire de serial killer se révèle en fait une affaire de scandale politique à haute échelle. Avec une réflexion assez paranoïaque, je dois dire, sur le fonctionnement de la vie politique américaine et les électrons un peu trop libres qui tournent autour, se permettant tout et n’importe quoi, comme s’ils étaient les seuls garants de la puissance du pays…

Ellory attaque de front ces garants en mettant en lumière des méthodes intolérables, qui plus est dans ce pays qui se targue d’être la première démocratie mondiale. Avec « les anonymes », Ellory marche sur les pas de Ludlum, de Grisham ou de certains livres de Robert Littell. Pourtant, il parvient à renouveler le genre en ne signant pas un pur roman de politique fiction mais un vrai thriller qui se révèle tardivement au lecteur dans toute son ampleur.

Le personnage de John Robey est une extraordinaire création, tant par son ambiguïté que par la façon dont il mène en bateau les enquêteurs. Est-il ou pas « le tueur au ruban » ? S’il l’est, pourquoi agit-il ainsi ? Et s’il ne l’est pas, qu’est-il exactement dans cette histoire ? Voilà toute la difficulté à laquelle va se retrouver confronté Miller, alors même qu’en découvrant l’existence de cet homme, il pensait avoir fait un grand pas en avant…

Mais, on peut ajouter une question à cela : que serait John Robey sans Robert Miller ? Je l’ai dit plus haut, leur relation va devenir un des axes forts du roman. Et je ne crois pas que ce soit un hasard. En fait, lorsqu’on lit « les Anonymes », on voit évoluer Miller et Robey séparément puis ensemble. Mais, tant qu’ils ne sont pas face à face, leurs similitudes sautent aux yeux…

Miller est borderline. Dès les premières pages, on le voit épuisé, ne tenant plus que sur les nerfs et on attend l’explosion en vol… Mais, on découvre surtout un homme incroyablement seul, ne vivant qu’à travers son boulot parce qu’il n’y a rien d’autre, ou plutôt personne d’autre, dans son existence. Ce qui ressemble le plus à une famille, ce sont ces deux vieux juifs qui tiennent le magasin de delicatessen en-dessous de son appartement…

Par ailleurs, lorsque débute le roman, on sait que Miller sort d’une période délicate pendant laquelle il a été sérieusement sur la sellette. On ne sait pas tout de suite pourquoi, en revanche, on sait qu’il évoque peu le sujet et qu’il doit son salut à la légiste Marylin Hemmings, dont les conclusions l’ont sorti de l’ornière…

Là encore, on est dans l’ambiguïté. A la fois quant aux faits, car Miller en dit si peu sur ce qui a mis sa carrière en péril qu’on pourrait presque se poser des questions… N’aurait-il pas fait ce qu’on lui reproche ou est-il vraiment victime d’une cabale ? Mais, sa relation aussi avec Hemmings est ambiguë. A l’image de cette photo qui a failli relancer le scandale, où ils sont dans les bras l’un de l’autre…

La relation est platonique, mais le faible est là. Et certainement partagé. Mais, entre eux se dresse cette sale histoire. Et bientôt l’affaire du « tueur au ruban » qui ne va pas arranger les choses. Elle attend qu’il fasse le premier pas, mais lui est si absorbé par son enquête, par le besoin qu’il a de trouver le tueur après lequel il court, puis par le l’absolue nécessité de comprendre ce qui se passe, qu’il ne reçoit pas les signaux de la légiste… Et prolonge sa solitude…

En fait, il va même dépasser les bornes, usant de sa relation avec Hemmings pour quitter le cadre de la procédure, agir en solo, sans impliquer Roth dans ce qu’il fait, commettant des erreurs ou des gestes pouvant tout compromettre… Si épuisé, si moralement instable qu’il se permet, alors que la méfiance à son égard n’est pas totalement dissipée, d’enfreindre l’éthique et le b.a-ba de son métier.

Miller se transforme en franc-tireur sur cette affaire au combien difficile. Il va se lancer dans une quête qui devient presque personnelle pour comprendre, avant tout autre chose, mettre de l’ordre dans ce que Robey lui a raconté et relier ce laïus aux meurtres de femmes. Miller a franchi un point de non-retour et il n’est pas certain de pouvoir se sortir de ce dossier indemne…

Si l’on regarde Robey avec, en tête, le profil de Miller, la similitude est grande… Toutes proportions gardées, bien sûr, car Robey a un passé bien différent et bien plus lourd que Miller. Mais lui aussi, par la force des choses, par les choix qu’il a fait, est un vieux loup solitaire. Sa relation avec Catherine Sheridan elle aussi est placée sous le sceau de l’ambiguïté, car longtemps, on saisit mal ce qui les liait.

Robey aussi sans doute est dans un état de fatigue nerveuse et morale profond, même s’il ne le montre pas. Le point de non-retour, il l’a franchi depuis longtemps déjà et ce qui se passe dans le cadre du roman, il l’attendait depuis sans doute un bon bout de temps, déjà. Le réveil du monstre. Et lui sait parfaitement qu’il ne s’en sortira pas. Non, vraiment, il n’y a rien d’étonnant à ce que ces deux-là s’entendent, même si le terme est sans doute un peu fort, en tout cas qu’ils communiquent l’un avec l’autre. Ils sont terriblement semblable…

Je suis certain que ce qui va pousser Miller à prendre tous les risques, jusque, peut-être, au sacrifice de sa vie professionnelle, et même de sa vie tout court, c’est cette impression de se sentir proche de ces gens sans nom, sans histoire, sans passé, sans… rien, ou presque. Il y a quelque chose d’à la fois très émouvant et très violent, dans le fait de voir les enquêteurs découvrir, dans le cours de leur enquête, des appartements sans âme, sans traces de vie… Pourtant, ces anonymes ont bel et bien une histoire, et pas des moins originales.

Ellory signe avec ce roman une pièce maîtresse de sa bibliographie. En semant les fausses pistes d’une main et de l’autre, des indices distillés au compte-gouttes, il crée une tension et un suspense incroyables qui tiennent en haleine le lecteur pendant 730 pages, ce qui n’est pas rien. Et, au travers d’une trame de thriller classique, il parvient à éveiller les consciences quant à ce qu’il y a de pourri au royaume d’Oncle Sam.

Il est des hasards curieux, quelquefois… Je lis ce roman alors que l’affaire Snowden fait rage et qu’on ne sait toujours pas si un pays va accepter la demande d’asile de cet homme qui a rompu la loi du silence et dénoncé les pratiques abusives d’une administration américaine. Difficile de ne pas relier cette histoire à ce que Ellory met en lumière dans « les Anonymes ».

Attention, ne poussons pas trop la comparaison tout de même, parce que ce qui se passe dans le roman d’Ellory et ce que Snowden a révélé sont très différents, et, si la dimension des scandales peut être comparée, alors, ce que raconte Ellory est infiniment plus grave, à mes yeux, en tout cas. Bien sûr, on est dans la fiction, mais ce que relate le romancier s’appuie sur des faits réels, malheureusement…

Au début du roman, Roth dit à Miller que « le monde se fout du reste du monde ». C’est sans doute juste où qu’on se trouve, mais dans une optique américaine, c’est une affaire quotidienne… Comment un pays si paranoïaque, si prompt à crier aux complots peut-il refuser les évidences qu’on lui met sous le nez ?

L’Amérique a un tas de linge sale de la taille d’un building et ne le lave jamais, même en famille. Pire, que ce soit les écoutes de la NSA ou ce que dénonce Ellory (aussi bien hors des frontières que sur le territoire américain), on dirait qu’à chaque fois, dans un réflexe patriotique, on réussisse à étouffer ces scandales ou à les faire passer pour de une politique juste, autrement dit, favorable aux intérêts du pays…

Les faits détaillés dans le roman d’Ellory se déroulent sous la guerre froide, ce qui peut expliquer que cela soit passé un tantinet inaperçu, mais le fait est que, malgré des enquêtes, des rapports, des débats parlementaires, aucune suite n’a été donnée… « Les Anonymes » sont une manière de rappeler ces faits, jetés aux oubliettes ou ensevelis sous une Histoire officielle bien plus honorable, mais aussi de montrer que ses conséquences perdurent aujourd’hui encore.

Le roman d’Ellory se déroule en 2006, en pleine administration Bush Jr. Là encore, ce n’est pas un hasard. La charge contre les Républicains est violente et radicale, alors que se profilaient les dernières élections de mi-mandat de cette présidence et une passation de pouvoir (puisque Bush avait fait ses deux mandats consécutifs et ne pouvait plus se représenter).

Mais Ellory tance aussi la lâcheté des démocrates qui ont fermé les yeux alors qu’ils ont forcément été au courant de tout ce qui s’est passé. Et sans doute de bien d’autres choses (tiens, revoilà l’affaire Snowden et la réaction d’Obama…). A travers son roman Ellory dénonce une démocratie où certaines administrations s’estiment au-dessus des lois, pas seulement de leur pays, mais aussi des règles internationales. Oui, c’était une sale époque, des deux côtés du rideau de fer, mais ces méthodes n’ont rien à envier aux plus détestables des totalitarismes…

Que vaut une présidence aux Etats-Unis quand d’autres s’arrogent le droit de décider de ce qui est bien ou pas pour le pays ? Et ces « autres » n’ont reçu aucun mandat du peuple souverain pour agir comme ils le font, mais agissent pourtant en son nom… Dans une indifférence générale, semble-t-il… C’est plus que troublant… Et pour cela, cette hydre s’est infiltrée dans tous les rouages de la société pour mieux la contrôler.


Et si les Anonymes du roman ont aussi une part de responsabilité dans ces scandales d’Etat, ils ont au moins le mérite de vouloir faire changer les choses… Des « lanceurs d’alerte » avant l’heure, pourrait-on dire…


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