mercredi 17 juillet 2013

« Le garçon le plus remarquable de toute l’Amérique ! »

Attention, voilà une histoire vraie écrite sous forme de roman, une biographie romanesque, pour employer un terme que Geneviève Chauveau avait recommandé d’utiliser lors d’un café littéraire aux Imaginales, il y a 3 ans, je crois. Autrement dit, voici la vie d’un homme ayant réellement vécue, mais racontée non pas de façon formelle, comme les biographies, genre au combien respectable bien que parfois austère, mais avec les techniques narratives du roman. Et ce personnage, tenez-vous bien, c’est sans doute le plus grand génie du XXème siècle : William Sidis. Pardon ? Ca ne vous dit rien, William Sidis ? Eh oui, c’est justement tout l’intérêt du second roman publié en France de l’écrivain danois Morten Brask : nous faire découvrir cet incroyable personnage, à la destinée météorique, qui aurait pu, en d’autres circonstances, dépasser Einstein en termes d’aura et de popularité… Découvrons ensemble une partie de « la vie parfaite de William Sidis » (c’est le titre de ce livre publié en grand format aux Presses de la Cité), où l’on découvre qu’être un génie n’est pas facile tous les jours…




William Sidis naît le 1e avril 1898 dans une famille d’immigrés juifs ukrainiens. Sa mère, Sarah, et son père, Boris, se sont rencontrés aux Etats-Unis, après avoir quitté leur pays natal. Elle a fui les pogroms, qui ont décimé sa famille, il a connu les terribles prisons du tsar pour avoir fomenté la révolte en apprenant à lire à des paysans…

Arrivés en Amérique, il s’est affirmé comme un professeur de grand talent dans le domaine de l’étude des psychopathologies. Elle a passé les examens lui permettant de devenir médecin, et haut la main en plus. C’est donc dans un foyer de classe moyenne supérieure que naît le petit William. Et, rapidement, il va changer leur vie…

Rapidement, l’enfant manifeste des dons précoces pour la lecture (il lit le New York Times à 18 mois…), les langues, y compris les langues mortes (à 3 ans, il maîtrise le latin et le grec, qu’il a appris seul…), l’écriture (à 8 ans, il a déjà rédigé plusieurs ouvrages, dans différents domaines allant de la grammaire à l’astronomie, sans oublier cette langue, le Vendergood, qu’il a inventée de A à Z…)…

Disposant d’une incroyable capacité de lecture et d’une mémoire photographique illimitée, lui permettant de retenir chacune de ses lectures en intégralité, à la virgule près. Mais, l’enfant n’est pas juste un singe savant capable de réciter des horaires de train, des passages de la Bible ou de faire des prouesses en calcul mental ou d’aider son père à réviser un examen d’anatomie après une unique lecture du fameux Gray’s anatomy

Non, William Sidis est aussi capable de penser, d’élaborer des théories de très haut niveau intellectuel, bien loin des pensées habituelles des enfants de son âge. Cela lui vaut de sauter des classes à pas de géant, comme si son cerveau avait chaussé les Bottes de Sept Lieues. Il devient le plus jeune lycéen de l’histoire des Etats-Unis, puis le plus jeune étudiant à entrer à Harvard, enfin, plus fort encore, le plus jeune conférencier de l’histoire de la vénérable institution.

 A 11 ans, et c’est ainsi que débute le roman de Morten Brask, il monte à la tribune du prestigieux Conant Hall, devant un aréopage de professeurs et une assemblée de journalistes avides de photographier et d’interviewer ce phénomène. Impressionné, intimidé, William entre enfin dans le vif du sujet et la magie opère…

Le voilà qui parle à tous ces gens si savants et les captive, les surprend, avec une conférence sur… « la quatrième dimension ». Euh, pas le feuilleton fantastique, hein ! Mais une abstraction mathématique qui, à l’époque, reste en friche, seul le jeune Albert Einstein l’ayant évoquée dans sa thèse sur la relativité, quelques années plus tôt…

Oh, William Sidis l’ignore, certes, mais sa vision de la question diffère sensiblement de celle d’Einstein, puisqu’il s’agit avant tout de géométrie dans l’espace, ajouter une quatrième dimension aux trois autres, définies sous l’Antiquité par Euclide : longueur, largeur, profondeur. Et lorsqu’on lui pose la question piège, il lui faut… à peine quelques minutes pour la désamorcer !

Oui, William Sidis est un phénomène, un génie en herbe, mais William Sidis n’est pas heureux. Ni en famille, ni en cours. Commençons par la partie étudiante du problème : à quelque niveau que ce soit, William s’ennuie en cours. A chaque fois, il a plusieurs longueurs d’avance sur ses camarades, pourtant plus âgés (à Harvard, certains ont deux fois son âge !), il intervient de façon intempestive pour répondre aux questions ou corriger ses professeurs…

Quant à la relation avec les autres élèves et étudiants, elle est forcément compliquée : William est peu expansif, introverti, même, en décalage complet avec des jeunes gens qui n’ont pas comme unique priorité d’apprendre à peu près tout ce qui se présente à lui et peut nourrir une insatiable curiosité… Et comme il est le plus jeune, il finit toujours par être le souffre-douleur.

En fait, de toute sa scolarité, et même par la suite, il n’aura qu’un seul ami, un autre étudiant de Harvard plus âgé que lui forcément, Nathaniel Sharfman. Qui se ressemble, s’assemble, en fait. Comme William, Nat n’est pas à sa place à Harvard, lui aussi s’ennuie et cela se ressent sur son travail et son comportement. Il va jouer un rôle important dans la vie de William, jusqu’aux derniers instants, en étant tout le contraire de Sidis, le revers de sa médaille, en quelque sorte.

Côté famille, je dois dire que je suis assez dubitatif… On a un père entièrement absorbé par son boulot, certes important, qui touche à la recherche sur des maladies graves du comportement, mais j’ai eu la sensation qu’il abordait la paternité de la même façon qu’il travaille sur ses patients. Ca manque cruellement de sentiment et on se demande si Billy n’est pas qu’un simple cobaye sur lequel il expérimente ses théories avancées sur l’éducation…

Pour Boris et Sarah, William n’est ni un génie, ni un prodige, ni un surdoué. Non, juste un enfant élevé différemment des autres, selon des préceptes pédagogiques particuliers. Dès la naissance, on fait tout pour stimuler l’intelligence et la curiosité de l’enfant. Cela passe par une attention de tous les instants pour analyser ce qui se déroule autour de lui et en tirer des conclusions logiques. On a donc un enfant qui maîtrise parfaitement ce qu’il décide d’apprendre.

Pour Boris, William n’a rien de plus que les autres enfants, simplement, il a appris à optimiser dès ses premières années son activité mentale innée pour en tirer la quintessence. La voilà, la différence avec la grande majorité des enfants passés, présents et à venir : sans aucune prédisposition particulière au départ, il a acquis les méthodes pouvant lui permettre de réaliser tout ce que j’ai écrit plus haut (et pas seulement)…

Quant au jeu, s’il ne sert pas ce projet pédagogique en stimulant la curiosité et en permettant d’apprendre quelque chose de plus, il est inutile, une vraie perte de temps. Pas question que Billy s’abaisse à pratiquer quelque jeu de ballon que ce soit, ce serait indigne de lui et de l’éducation parfaite qu’il a reçue…

Une éducation en tous points remarquables, qui n’est sans doute pas pour rien dans ce qu’est devenu Billy. En revanche, une éducation catastrophique en matière de socialisation… Intellectuellement, William Sidis est donc paré pour n’importe quelle joute, mathématique, astrophysique ou même juridique, mais il est totalement désarmé pour affronter la vie quotidienne. Dramatiquement désarmé…

Quant à Sarah, c’est une femme frustrée… Je l’ai dit, à son arrivée aux Etats-Unis, elle s’est décarcassée pour rattraper son décalage en termes d’études avec le cursus local et obtenir ses diplômes de médecine. Mais, à la naissance de William, elle a sacrifié sa carrière pour s’occuper de son bébé et permettre à Boris de poursuivre sa brillante carrière de chercheur. Du coup, on la sent frustrée et cette frustration ne va aller qu’en empirant…

On ne peut pas dire que Sarah soit l’archétype de la mère tendre et aimante… Dès les premiers mois de Billy, on la sent agacée, sans savoir si c’est le comportement de l’enfant ou l’attitude de son mari en perpétuelle expérimentation qui produit cet effet. Mais, lorsque Billy va grandir, plus de doute, désormais, c’est bien son fils qui, par tous ses comportements la pousse à bout.

Sarah devient de plus en plus irascible, jamais on ne la voit se comporter comme une mère, sinon, comme une mère autoritaire, abusive et dure comme le diamant. Entre Sarah et Billy, le fossé ne cessera de se creuser au fil des années, jusqu’à la rupture inévitable. On se dit que la complicité entre le fils et son père serait meilleure, mais Boris vit dans d’autres sphères et on sait qui porte la culotte dans le ménage… La rupture sera consommée aussi avec le père parce qu’il laisse Sarah agir à sa guise…

Inutile, je pense, de poursuivre cette description d’une famille pas franchement idéale… Elle sera la cause première du destin avorté de William Sidis. Elle va surtout pousser le jeune Billy, très tôt, à chercher comment s’émanciper de cette tutelle écrasante. C’est bien sûr en appliquant la méthode paternelle qu’il va trouver le moyen de se démarquer, de voler de ses propres ailes hors de ce nid familial étouffant.

En clair, en observant ce qui se passe autour de lui puis en cherchant une réponse logique à apporter au problème dans les livres. Ce qu’il voit, et ce qui le révolte, c’est la pauvreté, la misère, qui contraste tant avec les relations de ses parents, en particulier de Sarah, tous de richissimes membres de la plus haute société new yorkaise…

La réponse logique, il la trouvera dans un livre… Lequel ? Ah, ah, je ne vais pas vous le dire, juste un indice : c’est le genre de livre qui tomberait de nos mains, à vous et moi, tandis que Billy l’a avalé en une voire deux journées de lecture, synthétisé et assimilé… Cette lecture va avoir deux conséquences fondamentales dans la vie de William Sidis : la première, l’abandon des matières scientifiques pour se consacrer au droit ; la seconde, un engagement dans la société qui va lui attirer bien des ennuis…

Je ne vais pas entrer plus dans les détails, car, même si « la vie parfaite de William Sidis » n’est pas un thriller, ni même un polar ou un roman noir, la méthode narrative employée par Morten Brask a pour but de ménager des effets. Le romancier n’a pas choisi de raconter cette vie étonnante, hors du commun, de façon linéaire et chronologique, il alterne sans arrêt les différentes époques de la vie de William pour la dessiner comme un puzzle qu’on reconstituera au final.

Certaines années reviennent plus régulièrement que les autres. Une en particulier est un peu le fil conducteur du livre. Un élément qui, même si ce n’est pas forcément ce qu’on attend d’une biographie romanesque crée un suspense. Cette année, je peux la citer, c’est 1944. On le sait dès la première page du livre, dans une note de l’auteur, que c’est l’année de la mort de William Sidis.

On sait donc qu’on assiste aux derniers mois, dernières semaines, derniers jours, comment savoir, de la vie du génie. Et ce qu’on découvre, c’est une vie qui n’a absolument rien à voir avec celle d’un génie mondialement connu et reconnu. Pire, c’est une vie sous le signe d’une autodestruction, pas par la drogue ou l’alcool, non, par la destruction minutieuse et permanente de sa propre personnalité dans le regard des autres. Comme s’il voulait disparaître en tant que William Sidis, le plus grand génie du XXème siècle et devenir anonyme, totalement anonyme…

Là encore, je ne vous dis rien de plus sur cette partie, riche en événements, à laquelle sont liés Nathaniel Sharfman, présent presque tout du long, et Sarah Sidis, brièvement. Mais tout cela a quelque chose de terriblement pathétique, comme si William Sidis avait vécu sa vie en accéléré, jusqu’à mourir à 46 ans, bien avant l’âge… Une chandelle brûlée par les deux bouts, dont il ne reste plus rien.

Le plus fascinant, avec William Sidis, c’est que sa vie de génie, si je puis dire, en tout cas la période au cours de laquelle il sera le plus productif et le plus remarquable dans toutes ses recherches, c’est son enfance et le début de son adolescence. Ensuite, il va virer de cap à 180 degrés pour ne plus se consacrer qu’à des activités ou des écrits futiles ou loin de révolutionner la science moderne.

Fini, le successeur d’Euclide, fini, le concurrent d’Einstein, fini, le prodige jamais vu auparavant, fini, le garçon le plus remarquable de l’Amérique (titre de journal cité dans le roman et que j’ai repris comme titre pour ce billet). Adulte, William Sidis va tout faire pour effacer ce douloureux pedigree et se consacrer à ce qui est essentiel à ses yeux : la lutte politique. Puis, ensuite, à vivre…

Je ne dis même pas survivre, parce que c’est autre chose. Quant à la vie parfaite qu’on retrouve dans le titre du roman, l’expression vient d’une question que lui pose Nat et de la réponse de Willy, que j’ai comprise ainsi, en substance : la vie parfaite, c’est celle qu’on se choisit… Que Boris Sidis le veuille ou non, il y a quelque chose d’un singe savant dans l’enfance vécue par Billy. Oh, ce n’est pas un jugement que je porte, mais plutôt la vision qu’en a eu Billy.

Le paradoxe de cette histoire, c’est que lorsque Billy, qui a connu les plus grands honneurs, auraient pu entrer dans la postérité par ses découvertes, son intelligence extraordinaire, ses intuitions incroyables, a enfin pu choisir sa vie, il a donc décidé de vivre la vie la plus normale et monotone possible… Sa seule « excentricité », si je puis dire, sa collection de billets de tram, entamée enfant et qui reste sans doute la dernière trace de ce passé renié.

Si l’on écoute Boris et Sarah Sidis, William est un enfant tout ce qu’il y a de plus normal… Est-ce une manière de s’aveugler, de la part de parents, persuadés de l’efficacité et du bien-fondé de leur méthode éducative ? Possible. Pourtant, je dois dire que j’ai du mal à oublier l’hypothèse du génie, tant certaines aptitudes de Billy paraissent difficiles à acquérir…

Que nous ne sachions pas utiliser toutes les potentialités du formidable outil qu’est notre cerveau, c’est une certitude et une évidence. Que certains d’entre nous parviennent mieux que d’autres à exploiter certaines de ces potentialités, c’est tout aussi certain. Mais qu’une technique pédagogique quelle qu’elle soit parvienne à décadenasser nos blocages pour offrir un accès illimité à ces aptitudes, j’ai du mal… Je ne suis même pas certain qu’on puisse répondre à cela aujourd’hui, un siècle après William Sidis…

Mais, on est aussi dans une époque où l’hypothèse que je vais poser n’aurait trouvé aucun écho… Honnêtement, je me suis sérieusement demandé si William Sidis n’était pas un autiste ou un malade atteint d’Asperger… Son obsession pour les nombres, pour les odeurs, également, certains accès dépressifs, les manies, les lubies, les capacités extraordinaires, du genre de celles que beaucoup d’entre nous ont découvert dans le film « Rain Man »… Tout ça pose question…

Sans doute ne saura-t-on jamais si William Sidis souffrait d’une telle maladie ou pas. J’avais lu il y a quelques années qu’on pensait que le musicien hongrois Bela Bartok souffrait probablement d’un syndrome d’Asperger. Conclusion (posée au conditionnel et invérifiable) d’une étude menée sur son comportement, son caractère, sa manière de composer, etc. Je serais très curieux de savoir ce qu’une telle étude donnerait à propos de William Sidis.

Enfin, pour terminer ce billet, je dois dire que j’ai été très agacé, mis hors de moi, même, devant le comportement des parents de William Sidis. Des gens intelligents, ouverts, et pourtant incapables de donner de l’amour à leur enfant. Oui, je parle de ma vision du livre, attention, j’en suis certain, si aujourd’hui, on a oublié William Sidis et si le génie en herbe a fané et disparu des écrans radars, c’est probablement parce qu’il n’a pas été assez aimé, ou ne s’est pas senti assez aimé par ceux qui lui ont donné la vie.

Pour Boris, William avait un destin, il l’a poussé dans cet engrenage qui a effrayé l’enfant. Sa réaction devant les journalistes, en particulier son refus d’être pris en photo, mais aussi son caractère timide, presque peureux, lorsqu’on s’agite autour de lui a sans doute également conditionné William dans sa quête d’anonymat.

Je ne veux pas galvauder certains mots lourds de sens, mais il y a, pour moi, une forme de maltraitance dans l’enfance de William Sidis. Pas de violences physiques, ni même de volonté de faire du mal psychologiquement. Non, c’est surtout une méconnaissance du rôle de parent. En fait, ce n’est pas Billy qui aurait dû faire l’objet d’une méthode éducative dernier cri, mais bien Boris, surtout Boris. Quant à Sarah, c’est surtout son instinct maternel, dont je doute. Peut-être en raison de ce qu’elle a connu dans son pays natal. Mais, là encore, je ne crois pas que ce soit quelque chose qui s’apprenne, hélas…

Lorsqu’on finit le roman de Morten Brask (ah oui, il y a deux ou trois passages un peu pointus, je le signale, même si cela n’entrave en rien la lecture), on sort avec un incroyable sentiment de gâchis. Evidemment, on se demande ce que ce garçon qui ne payait pas de mine, aurait pu découvrir, à l’origine de quelle incroyable révolution il aurait pu être…

Et puis, on se dit qu’on agit comme ses parents, comme les professeurs d’Harvard, comme tous ceux qu’il rencontrera jusqu’à sa mort et qui le renvoient à ce passé qu’il traîne comme un boulet enchaîné à la cheville d’un bagnard… Alors, on réagit et on pense surtout à l’existence de ce garçon qui aurait pu être bien différente, si toutes les fées s’étaient penchées sur son berceau, et pas seulement quelques-unes…


Oui, on pense à la vie parfaite qu’aurait dû être la vie de William Sidis.


2 commentaires:

  1. Ce livre a l'air intéressant! Il doit être très éprouvant.

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  2. Eprouvant, je ne dirais pas ça. Mais plein d'interrogations, c'est certain... Ca garçon a tout cessé sur le plan scientifique à l'âge où la plupart commence, et vu ses capacités, on se demandent surtout ce qui serait advenu sans cette décision, cette rébellion, de faire tout autre chose.

    Frustrant, plus qu'éprouvant, car si la conduite des parents est odieuse, je crois qu'ils n'ont jamais compris quel mal ils lui faisaient. La fin, d'ailleurs, est poignante...

    Mais, on a là un destin hors du commun, c'est d'abord cela qu'il faut retenir. Ca me paraît plus constructif que de lire le livre de, disons, Nabilla ;-)

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