mardi 9 août 2011

Mis sous cloche

Le plat de résistance de ces vacances, ce fut... (roulements de tambour)... : "Dôme", de Stephen King, une somme en deux volumes, 1200 pages au total, parues en grand format chez Albin Michel.







Premier commentaire : fan de Stephen King, ça faisait un petit bout de temps que j'attendais de lire un "grand" roman de cet auteur. "Sac d'os", sans doute, pour le dernier cru classé du maître (une parenthèse pour dire que "Sac d'os" devrait être adapté bientôt en série télé, avec Pierce Brosnan, si j'en crois de récentes infos).




 Alors, venons-en à ce Dôme... Nous sommes dans le Maine (étonnant, non ?), dans la petite ville de Chester Mill. Un beau matin, une série d'accidents se produit sans raison apparente. Et justement, la cause est invisible : sans aucune raison, Chester Mill se retrouve coupée du reste du monde par un mur transparent qui semble suivre les frontières territoriales de la ville.

A partir de là, King nous emmène dans le récit à 100 à l'heure de la vie de ce bled, une vie loin d'être un long fleuve tranquille. Luttes de pouvoir, malhonnêteté, bêtise, renversement des valeurs, ignorance, ambitions, argent, religion...

Le Dôme est le shaker dans lequel King agite tous ces ingrédients pour pondre un thriller où le fantastique ne joue pas un rôle de contexte mais de catalyseur. Car, la présence muette et invisible de ce mur, de cette bulle infranchissable, va servir d'étincelle pour mettre le feu à la poudrière qui sommeillait à Chester Mill.

On le sait, on le sent, ça ne peut que mal finir. Les rancoeurs, les rivalités, les ambitions, la soif de pouvoir et d'argent, l'envie de sortir de sa condition sociale, tout cela restait sous le boisseau à Chester Mill jusqu'à ce que le Dôme se referme. Là, c’est chacun pour soi, une anarchie qu’on observe, nous lecteurs, avec délectation mais un certain malaise aussi.

En fait, le premier tome rend claustrophobe, on se croit enfermé dans ce globe inexplicable, coincé avec les personnages. Dans le deuxième tome, on se retrouve à l’extérieur et on assiste au jeu de massacre comme si on regardait à travers le Dôme. Pour moi, c’est ça la vraie réussite de King : rendre le lecteur spectateur impuissant du drame inéluctable

Je termine, sans révéler la fin, bien sûr, par la morale du livre (je ne vois pas quel autre mot utiliser) : dans une société qui vante le courage et les comportements sans peur et sans reproche des super-héros, voici un dénouement qui repose sur tout autre chose, avec des personnages qui ne perdent pas leurs émotions , et particulièrement la peur, le doute et le découragement, et qui vont devoir s’en remettre à leur humanité pour se sortir d’une situation désespérée.

King est cruel, décimant Chester Mill avec une certaine jouissance, comme un enfant jouant aux playmobils. Mais, ce qui m’a frappé, c’est le rythme incroyable de ce récit de 1200 pages. Le style vif, incisif de King, des chapitres courts, peu de temps morts, chose possible par la multiplicité des scènes.

Alors, oui, certains y verront peu d’originalité, car c’est vrai que King ne révolutionne rien et que le cadre d’un trou du Maine gangrené par des histoires peu reluisantes; on a déjà donné. Mais, je me suis laissé emprisonner dans le Dôme et je ne le regrette pas un instant.

King is back !!

4 commentaires:

  1. Après ma lecture détente du moment "Les tribulations d'une jeune divorcée" d'Agnès Abecassis (que je conseille car c'est à mourir de rire et donc reposant), "Dôme" est ma prochaine lecture et j'ai hâte d'entrer sous la coupole !

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  2. Je l'ai lu. Je l'ai (ou les pour le coup) dévoré! J'ai passé mon temps à stressée, à vouloir connaître le fin mot de l'histoire (qui est peut être le seul point décevant pour moi du roman) et surtout, à haïr ce maire ignoble!!! Une très très très bonne lecture!

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  3. coldtroll