samedi 3 août 2013

« C’est parfois dans la trop grande clarté que se dissimule l’erreur… »

Pardon ? Que dites-vous ? Moi, j’aurais dit ça ?? J’aurais dit que je n’appréciais pas forcément les séries, alors que je vais vous proposer un second billet consécutif consacré à une série ? Euh… Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, dit-on… Bref, ce n’est pas le sujet. Oui, on revient vers une série, peut-être actuellement l’une des plus célèbre série de polars historiques en France, signée Jean-François Parot. Une série qui met en scène un personnage très intéressant, tant par ses origines, ses compétences, que par son évolution dans une époque où s’amorcent de profondes mutations, Nicolas Le Floch. J’ai décidé, là encore, de reprendre la série par ses débuts, je vous ai déjà proposé un billet sur « l’énigme des Blancs-Manteaux », roman dans lequel apparaissait Le Floch, je poursuis l’aventure avec la seconde enquête du désormais commissaire de police, « l’homme au ventre de plomb » (disponible en poche chez 10/18).





Automne 1761, Nicolas Le Floch a désormais gagné la confiance du lieutenant général de police Sartine, mais aussi celle du Roi, Louis XV, entré dans une grande mélancolie… Il faut dire que la situation du royaume n’est pas très florissante… Depuis plusieurs années, la France est engagée dans ce qu’on appellera la Guerre de Sept Ans, dans laquelle elle s’embourbe de plus en plus…

A l’intérieur des frontières, les Jésuites sont désignés par la vindicte populaire, on les considère de plus en plus comme les ennemis n°1 du trône au point que l’idée de les expulser de France une bonne fois pour toutes gagne chaque jour du terrain. Autre personnalité qui risque une prochaine disgrâce, la Marquise de Pompadour…

Cette femme adorée du Roi mais détestée par la plus grande partie de la Cour et par le peuple plus encore, est malade, dit la rumeur, à moins qu’elle ne soit enceinte. Peu importe, les libelles plus violents et insultants les uns que les autres se multiplient à son encontre et, tout en conservant encore un certain pouvoir, la Marquise semble peu à peu perdre la confiance et l’affection royales.

A la Cour non plus, l’ambiance n’est guère aux réjouissances. Les clans sont nombreux, choisissant comme pôle des membres de la famille royale, à commencer par une des filles du roi, Adélaïde. C’est d’ailleurs cette jeune femme que Nicolas Le Floch est chargée de surveiller discrètement au début du roman. Elle, mais aussi tous ceux qui assistent à la première représentation des Paladins, le nouvel opéra de Jean-Philippe Rameau.

Lors de cette représentation, une certaine agitation règne dans la loge de la Princesse. Soudain, Sartine, lui aussi présent, fais signe à son commissaire de le rejoindre au plus vite. Là, Nicolas découvre, aux côtés de la Princesse, un couple éploré, sous le choc. Il s’agit du Comte et de la Comtesse de Ruissec, que l’on vient d’informer d’une terrible nouvelle : on a entendu un coup de feu dans la chambre de leur fils aîné, Lionel, une chambre fermée à clef…

Aussitôt, Sartine et Le Floch se rendent au domicile de la famille Ruissec. Jouant de ses talents de cambrioleur (il faut de tout pour faire un excellent policier), Nicolas crochète la serrure et Sartine et lui découvre alors un corps dans la chambre. L’homme est mort, c’est indiscutable. La plaie, à son cou, laisse présager un suicide…

Une telle conclusion poserait un vrai problème à la famille : le suicide est considéré comme un péché mortel, il ne permet pas d’être mis en terre consacrée… Or, la famille Ruissec est connue pour son appartenance au parti dévot… Sartine est donc dans l’embarras car il voudrait trouver une solution qui ne nuise pas à cette famille, qui va déjà fortement souffrir de la mort prématurée de son héritier…

Pourtant, Nicolas va lui fournir une issue inattendue, qui ne va guère plus ravir son supérieur : pour le Breton, pas de doute, la mort de Lionel de Ruissec est une mise en scène afin de faire passer un assassinat pour un suicide…

Une idée presque pire encore que le suicide, car bien plus difficile à dissimuler et le scandale qui pourrait en découler pourrait faire du bruit… Aussi, Sartine demande-t-il à Nicolas de se montrer le plus discret possible dans ses investigations, alors que le Comte de Ruissec en personne va ruer dans les brancards, refusant d’écouter les policiers et les mettant pratiquement à la porte de chez lui…

Mais, Nicolas est têtu comme un Breton et ses méninges tournent déjà à plein régime afin de remettre de l’ordre dans ce qu’il a pu remarquer lors de sa visite. D’abord, la physionomie effrayante du mort. Son visage déformé, comme par une intense terreur, au point qu’il semble avoir vieilli brutalement de plusieurs années…

Ensuite, les incohérences : la chambre fermée à clef, la blessure par balle qui ne semble pas être la cause de la mort, l’humidité saumâtre remarquée sur les vêtements de la victime, l’emploi du temps très flou de la victime, la présence de son valet, Lambert, qui arrive dans la chambre de son maître parfaitement vêtu, mais sans chaussures aux pieds... Sans oublier la colère du Comte qui ne semble pas très empressé de voir la police se charger de l’enquête…

En fait, ce sera même tout le contraire, Ruissec va bientôt faire jouer ses relations (et le Comte a le bras long…) pour que Sartine et Le loch ne puisse plus mener d’enquête sur cette mort suspecte. Une décision brutale, surprenante, intrigante, forcément pour Nicolas, qui lui donne au contraire de plus en plus envie de comprendre ce qui a pu se passer…

D’autant que la Comtesse, elle, semble vouloir passer outre la colère de son époux et souhaite, par un discret bulletin, rencontrer le commissaire. Pour lui dire quoi ? Le jeune commissaire ne le saura jamais… En revanche, le début d’autopsie, réalisé peu avant que le corps ne soit retiré de la morgue du Châtelet à la demande du Comte, réalisé par le docteur Semacgus, ami de Nicolas, et le bourreau Sansom, va apporter un élément plus surprenant encore : Lionel de Ruissec est sans doute mort d’avoir… ingéré du plomb fondu !

Commence alors une enquête très compliquée, quasiment clandestine, où Nicolas Le Floch va devoir agir dans la plus grande discrétion, au risque de se voir lâché par Sartine… Que voulez-vous, je l’ai dit, le Comte de Ruissec a le bras long et Sartine, en bon courtisan, dois savoir ménager la chèvre et le chou. Autrement dit, renoncer à l’enquête officielle tout en étant curieux de comprendre comment un père peut se démener pour empêcher quiconque de connaître les causes du décès de son fils aîné.

Le pugnace commissaire, lui, va entamer des recherches dans l’entourage proche du mort, dont il a du mal à cerner la personnalité et la vie… Un trait commun à cette famille, semble-t-il, dont les membres sont tous entourés de mystère ou de rumeurs… Du jeu aux femmes, de la domesticité de la famille Ruissec à l’étrange promise de la victime, Nicolas n’a pas fini d’en apprendre sur Lionel et son frère cadet, dont il ignorera longtemps l’existence.

Mais, les principaux obstacles à franchir pour le jeune policier vont être de nature politique. Disons-le tout net, Nicolas va se retrouvé balloté entre ordres, contrordres, entre différentes autorités, mais aussi entre différentes coteries… Du ministre Saint-Florentin, supérieur de Sartine, à la Princesse Adélaïde, sans oublier la Pompadour en personne, les investigations de Nicolas dans l’affaire Ruissec font, apparemment, l’objet de toutes les attentions.

A croire que derrière cet homme, assassiné de façon barbare, ce sont bien des manigances qui se dissimulent… Certes, Lionel de Ruissec appartient à une famille noble, certes, cette famille est sous la protection d’un membre de la famille royale, mais cela ne peut simplement expliquer ce crime… N’y aurait-il pas un complot en gestation ? Et qui fomenterait ce complot ? La famille royale pourrait-elle être visée ?

Autant d’hypothèses peu solides qui ont le don d’agacer prodigieusement le Breton. Nicolas reste farouchement indépendant dans tout ce qu’il entreprend et les interventions politiques qui le coincent entre le marteau et l’enclume ne le ravissent pas. Pour lui, les puissants qui intercèdent dans son enquête, à ses yeux, soit se mêlent de ce qui ne les regardent pas, soit essayent de l’endormir pour qu’il ne déterre pas quelque scandale. Et voilà qui le motive pour poursuivre son enquête vaille que vaille et découvrir la vérité.

Et Nicolas va s’impliquer entièrement dans son enquête, au risque de se mettre en danger… Il poursuit des adversaires qu’il a du mal à cerner, dont les mobiles restent flous. Chaque élément découvert n’apporte que quelques problèmes supplémentaires, quelques pièces de plus à un puzzle qu’il a du mal à reconstituer.

L’aide précieuse de Bourdeau, son fidèle adjoint, et les conseils avisés de son protecteur, Monsieur de Noblecourt, ne seront pas de trop pour emmener le commissaire vers la résolution de ce crime sordide… D’ailleurs, puisque j’évoque Noblecourt, la phrase que j’ai utilisée comme titre de ce billet est prononcée par le vieil aristocrate chez qui loge Nicolas…

J’aurais même pu citer tout le paragraphe qui suit, car, rétrospectivement, la sagesse de l’ancien proviseur fera mouche… A croire que cet homme, certes retiré des affaires, mais toujours aussi bien informé sur ce qui se passe à Paris comme à Versailles avait tout compris bien avant que Nicolas Le Floch ne trouve la solution…

Pourtant, c’est bien sur les épaules du jeune homme, encore vert, mais déjà plein de ressources, ayant une connaissance approfondie de son terrain de jeu et possédant déjà son métier comme un vieux de la vieille, que repose tout le roman. Bizarrement, je ne m’étais pas fait cette remarque lors de la lecture de la première enquête, mais Nicolas Le Floch est omniprésent.

Pas une page sans lui. On n’assiste jamais à des apartés, à des scènes dont il n’est pas partie prenante, chose d’autant plus étonnante que le récit n’est pas à la première personne du singulier. Et, lorsqu’il délègue à Bourdeau une partie de l’enquête, on ne suit jamais le policier dans son travail, on le voit seulement rendre compte à Nicolas de ce qu’il a fait.

Jamais non plus vous ne verrez, comme chez certains auteurs de polars ou de thrillers, un coupable encore anonyme préparer son prochain mauvais coup, vous ne verrez jamais certains acteurs secondaires parler de Nicolas et de son enquête pour le critiquer ou dire le mal qu’ils pensent de lui, orchestrer les pressions politiques sur Sartine et, par ricochet, sur Le Floch…

Non, c’est Nicolas superstar, unique moteur du roman de sa première à sa dernière page. Bien sûr, autour de lui, Sartine, Semacgus, Noblecourt, Bourdeau jouent leurs rôles et, sans eux à ses côtés, sans doute Nicolas ne pourrait-il se consacrer pleinement à ses enquêtes, peut-être même serait-il mort, tant il a la fâcheuse tendance à se jeter dans la gueule du loup, de manière un peu trop intrépide…

Car, encore une fois, on le constate, Nicolas Le Floch est un vrai policier de terrain. Certes, son intuition remarquable, sa capacité à assembler les indices pour découvrir la vérité, son sens de l’observation est terriblement aiguisé, mais le jeune homme est aussi un bagarreur. Il n’a jamais froid aux yeux, entre là où personne n’oserait aller, au mépris d’un danger pourtant réel, la plupart du temps.

Il n’est pas du genre à se poser des questions quand d’autres hésiteraient. On lui interdit d’entrer par la porte quelque part, alors qu’il pense y trouver des indices importants, qu’à cela ne tienne, il entrera par la fenêtre. Et, croyez-moi, ici, ce n’est pas juste une expression. On lui fait sentir qu’on apprécierait en haut lieu qu’il mette ses investigations entre parenthèses, on lui dit même, très courtoisement, comme il sied aux gens de la Cour, des mots qui pourraient ressembler à des menaces, peu lui chaut…

Cela nous amène à un trait du personnage qui, sans doute, va encore prendre de l’ampleur dans les livres suivants : ses origines sociales qui lui permettent d’avoir un point de vue complet du monde qui l’entoure… De son côté Le Floch, il a gardé une certaine modestie qui le relie au peuple, mais aussi avec la religion, puisque son tuteur était prêtre ; de son côté Ranreuil, il a évidemment hérité un statut et une prestance qui lui permettent d’évoluer sans peine auprès des puissants qui, de plus en plus, font appel à lui.

Une autre particularité de son éducation, une autre fibre va vibrer dans « l’homme au ventre de plomb », c’est son éducation. Nicolas a fait sa scolarité chez les Jésuites et il est difficile de se défaire d’un tel enseignement. Alors que la Société de Jésus est mise au ban, menacée d’expulsion, lorsqu’on accuse ces religieux de comploter contre le Roi et l’Etat, lui parvient à garder la tête froide et à ne pas hurler avec les loups, en tout cas tant qu’aucun élément concret ne l’y autorise.

Mais tout cela fait de Nicolas Le Floch le parfait homme du XVIIIème siècle, alors que les bouleversements s’annoncent déjà (montée des idées philosophiques, mécontentement du peuple, aristocratie déconnectée des réalités…). Il n’oublie pas non plus d’être libertin, sans exagération, ne crache pas, loin de là, sur la bonne chère et se montre un ami dévoué et fidèle…

Pour autant, il n’oublie pas sa mission de policier. Il sait donc, quand il le faut, se montrer dur, pas seulement avec des suspects, mais aussi avec ceux qui peuvent servir son enquête. Ainsi, s’il se montre intègre, incorruptible, il se doit, parfois, de jouer les Pères Fouettard avec des personnes qu’il connaît bien et qu’il estime.

Ce sera le cas ici, avec la Paulet, mère maquerelle de son état, que Le Floch n’hésite pas à utiliser presque comme une mouche, comprenez un indic, dans notre jargon plus contemporain… Sauf que la Paulet ne l’entend pas ainsi, la discrétion, dans sa profession, c’est important… Alors, malgré l’estime qu’il peut avoir pour cette femme, Le Floch va durcir le ton, exiger, menacer, même…

Ce n’est pas dans sa nature, mais quand je disais plus haut qu’il maîtrisait de mieux en mieux les ficelles de son métier de policier, cela passe aussi par là. Tout comme cela passe parfois par des attitudes et des comportements qu’on verrait plus chez les voyous… Mais, après tout, ne faut-il pas connaître parfaitement son gibier (de potence) pour mieux le traquer ?

Bref, le personnage s’installe un peu plus dans son rôle et dans sa position. On sent aussi que l’estime de Sartine lui est toujours plus acquise, même si, lorsqu’on touche d’un peu trop près au pouvoir, le fin courtisan préfère se faire plus discret. Mais, en peu de temps, Nicolas Le Floch, par son efficacité, a su se faire une place dans l’élite policière de Paris, ce qui pourrait lui attirer des jalousies.

Pas celle de Bourdeau, en tout cas, pourtant plus âgé, mais ayant connu une progression beaucoup plus lente dans la hiérarchie de la police. « L’ancien » est même admiratif des talents et de la fougue de son cadet, voilà pourquoi il l’épaule aussi efficacement que possible. Sans doute aussi parce qu’il y a une grande différence entre eux deux : lorsque Bourdeau rentre auprès de sa famille, il cesse d’être policier pour devenir un époux et un père ; Nicolas, lui, est policier 24 heures sur 24, ne semble vivre que pour et par cela.

A noter un épisode amusant pour marquer la relation qui s’est instaurée rapidement entre Nicolas et Sartine. Vous vous en doutez, Lionel de Ruissec ne sera pas le seul mort à périr violemment dans cette affaire. Mais, comme au départ, on était sur l’hypothèse d’un simple suicide, l’accumulation d’assassinés va pousser Sartine à faire de l’esprit, pour se moquer un peu de son jeune ami.

« Un Tamerlan, un Attila, un Gengis Khan, voilà, monsieur, ce que vous êtes ! », lui lance-t-il avec un humour qu’on ne lui connaissait pas. « Là où vous paraissez, c’est la vie qui disparaît, les morts s’accumulent, les familles dépérissent… » et la tirade de se poursuivre encore un peu, sur « un ton enjoué » précise la narration.

Voilà qui donne un bon aperçu de la relation entre le lieutenant général de police et son principal commissaire. Bien sûr, on reste le plus souvent dans une relation de supérieur à subordonné, Le Floch devant essuyer quelques remontrances lorsqu’il exagère ou lorsqu’il prend trop de liberté avec les ordres.

Mais, dans cette enquête précisément, ce malin de Sartine joue un double rôle fort habile, acceptant de dessaisir Nicolas de l’affaire Ruissec pour lui confier une affaire de contrebande touchant l’ambassadeur de l’Electeur de Bavière, un dossier sans grand intérêt pour Sartine comme pour Le Floch, mais l’encourageant en sous-main à poursuivre ses investigations pour comprendre ce qui est arrivé à Lionel de Ruissec.

Quant au style de jean-François Parot, il se veut, en particulier dans les dialogues, au plus proche de l’époque dans laquelle se déroule son roman. Bien sûr, cela peut paraître parfois ampoulé pour notre regard de lecteur du XXIème siècle, mais ce n’est pas désagréable, loin de là. L’ensemble se lit facilement, d’autant qu’il y a très peu de temps mort, des rebondissements, des découvertes surprenantes, des pics de tension et de suspense jusqu’à une fin toutefois un peu… frustrante.

Eh oui, si vous êtes des fidèles de ce blog, vous le savez, j’aime bien les romans de cape et d’épée, dont le côté épique et très visuel me ravit. Or, le dénouement de « l’homme au ventre de plomb » aurait pu se prêter à une scène pleine d’héroïsme et d’étincelles (il me semble, mais je me trompe peut-être, que l’adaptation télévisée a choisi cette option, malgré son absence dans le roman)…

Pourtant, nous n’assisterons qu’à la parution du ou des coupable(s) (ah, que ne ferait-on pas pour ne pas risquer de se voir accusé de spoiler un roman…) une fois leur arrestation réalisée et non à l’arrestation, pourtant mouvementée, comprend-on… Dommage, je serais volontiers entré dans cette farouche lutte avec un grand plaisir si l’auteur en avait décidé ainsi…

Disons que je me rattraperai dans une prochaine enquête de Nicolas Le Floch car, sans en faire une priorité, je compte bien, ponctuellement, poursuivre la découverte des romans de Jean-François Parot en en respectant la chronologie. Cela devrait me permettre de mieux apprécier l’évolution des personnages, évidemment Le Floch en tête, mais aussi de respecter la chronologie historique qui va, inexorablement, nous rapprocher de la Révolution.


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